MOIMERE

22 décembre 2013, 18h33

In Uncategorized on décembre 22, 2013 at 6:47

J’ai attrapé une crève féroce mais elle ne m’empêche pas encore de fumer ni de boire.
La gourmandise d’un dimanche qui monte monte. Plus tôt dans l’après midi, les commerces étaient ouverts, ce qui coïncidait avec ces gens errants, encore hésitant sur le choix du cadeau. Pauvre gens. Je veux un gâteau au chocolat. L’idée de la superette me donne goût à plusieurs saveurs. Tapenade, chips, soda et un truc beurré.
Fermé, comme l’ensemble des commerces qui l’entoure. Les néons rouges de la boulangerie situés dans les présentoirs me rappellent que mon pain s’est durci depuis hier. Au fil de mes pas, le doute me vint jusqu’à l’évidence. Tout est fermé.
Les néons rouges de la boulangerie me rapprochèrent un peu plus de l’épicerie. J’évite du regard les frigos éblouissants, criants les prix de chaque marque, mon nom et la somme des deux bières que je tenais en main. La lumière automatique du hall de mon immeuble s’allume. Je m’attends alors à y voir un voisin que je saluerais en m’efforçant de prononcer le H du salut.
Je feins de chercher la clef parmi le trousseau. La porte s’ouvre. Je met en scène ma surprise afin de rendre la situation fortuite, de créer la rencontre.
C’est la voisine. Elle porte sa tenue sport et ses écouteurs lui impulsent le rythme qu’elle devra soutenir. Elle sourie, je m’écarte, la salue, elle sourie, la laisse passer puis franchi la porte tout en observant l’attention portée au maquillage de ses yeux.
La grande majorité des gens que je croise en train de courir sont des gens beaux, des propres. Ils ne se tachent pas, ne tombent pas, ne frisent pas près des oreilles après l’effort, ils en sont presque détestables. Maquillés leur activité, leur santé. Ils sont détestables, sans honnêteté, sans courage, sans vérité, ils nous mentent avant de se mentir à eux mêmes.
Ayez la décence de montrer vos faiblesses, d’être un homme perturbable, accessible.
Le genre de mec qui n’a nul besoin d’être entendu, qu’on croit sur parole, cela se voit sur ses traits, sur ce qu’ils disent, eux. Désormais je ne peux plus rien cacher, tout est dit, tout est là, sans forcer, encore visible

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29 juillet 2013, 20h43

In Uncategorized on juillet 29, 2013 at 7:21

Je ne sais s’il est plus difficile d’y résister ou de me l’être avoué.
J’ai très envie de boire, n’importe quoi, juteux, pulpeux, chaud ou froid mais alcoolisé. Je sais que j’aime boire, et que j’aimerais cela pour le restant de mes jours. J’ai toujours cru qu’en buvant plus que les autres, pas énormément plus, un deux coup de plus, façon de tenir tête aux autres, j’éviterais l’exclusion. Car si l’ivresse se balade dans le sang c’est pour qu’elle jaillisse quelque part. Qu’elle serve à quelque chose !
Je sens que l’envie s’en va. C’est d’être concentré sur les mots et leurs correspondances qui m’écarte du congélateur. Seul l’alcoolique ramène chez soi  des bouteilles de vodka bon marché consommées au trois quart par des inconnus tout aussi ivrognes que ma pensée lorsque je feins de la jeter devant les clients semi réveillés par l’aspirateur le plus misérable de toute l’auberge. C’est terriblement ennuyeux, voilà que je me met à penser au boulot. Pas mon boulot, non non, celui qu’on me donne à faire. Celui dont je me plains, sans lequel ma main serait refroidie d’avoir tenu cette bouteille, celui qui jaillit lorsque j’ai besoin d’ailleurs. Une seule station de métro me sépare du boulot et de chez moi.
C’est terrible, ca colle à la peau. Mes mains puent le caoutchouc humide.
Je me demande soudainement si tout cela ne serait pas la cause de ce maudit bouquin !
A million little pieces , ce truc qui semble faire résonner en moi des vérités dont je ne voulais pas. Si la sagesse c’est trouver ses vérités, je l’emmerde profondément la sagesse. Laisse moi ignare de moi même, faut pas croire la philosophie, ni la psychologie. Cinglé, ce sera le diagnostique. Bien sur, il veut pas savoir, il est cinglé.
Connerie de sagesse oué.

24 janvier 2013, 17h35

In Uncategorized on janvier 24, 2013 at 5:44

Si seulement je n’avais jamais écrit. Cela me fait réfléchir, c’est du venin pour mon sang. Se projeter dans le futur, penser à penser, voilà une résolution dont je me serais bien passé.
La brouette sur laquelle je me déplace semble avoir perdu son équilibre fonctionnel. Mais peu importe, on ne choisit pas sa première voiture, on l’accepte, c’est ainsi. On se dit que ca fera l’affaire le temps de mieux. Ah parce que tu te sens mieux maintenant ? Je ne sais pas, je sais que j’ai changé, que je ne suis plus le même.
De ce méandre sans courant suffisamment puissant pour le prolonger, je ne vois surgir qu’un brouillard blanc. C’est dans ses rares interstices, percées par l’espoir, que mon esprit se profile jusqu’à en apercevoir le jour.
Il se pense sage, tout en reconnaissant une fatalité incontournable, celle de sa perte d’insouciance. Il se porte en adversaire direct de la raison, dans un combat sans perspective dont l’issue est vaine.
Une défaite sans prolongation.
Et puis, il y a la patience, cette qualité d’optimiste que certains rationnalise par la foi.
Mais je ne crois en rien pour avoir foi.
Moi, je crois en moi. Eric Cantona.
Notre jour viendra disait l’apôtre, le type patient, tellement patient qu’il en vint à s’asseoir, pressentant l’imposture de sa prophétie. C’est vers cette douteuse sagesse que mon esprit veut m’embarquer.
Comment lui en vouloir ? Après tout, il est le seul à connaître mon corps. Ses décisions iront toujours dans le sens de l’autre.
Ils sont menottés, liés jusqu’à la fin.
L’un emportera l’autre.
Demeurer orphelin ? Ca, jamais !